CRFPA 2025 : quelle spécialité est la plus facile (ou la plus difficile) ?

Aucune spécialité n’est « facile » en soi au CRFPA. En 2025, le droit pénal et le droit social paraissent plus intuitifs à de nombreux profils privatistes, tandis que le droit fiscal, le droit des affaires et le droit international/UE sont souvent perçus comme plus techniques en raison de la densité normative et de l’actualité.

La difficulté réelle dépend surtout du couple spécialité–procédure et de votre profil (parcours, affinités, temps disponible). La seule méthode fiable consiste à tester une annale par option en conditions réelles, puis à décider sous deux semaines.

Rappel des spécialités et de l’enjeu du choix

Les IEJ proposent six grandes spécialités : droit pénal, droit des affaires, droit social, droit fiscal, droit public/administratif et droit international et de l’Union européenne. Ce choix est stratégique. L’épreuve de spécialité (3 heures, coefficient 2) s’additionne à la procédure associée (2 heures, coefficient 2), soit 5 heures d’épreuves et un coefficient total de 4, autant que la note de synthèse.

Au-delà des coefficients, ce choix détermine la technicité du programme, la veille jurisprudentielle à assurer (Cour de cassation, Conseil d’État, CJUE, CEDH) et la logique procédurale à maîtriser (CPP, CPC ou CJA). Un mauvais alignement spécialité–procédure coûte souvent plus de points qu’un niveau théorique moyen.


Pourquoi il n’existe pas de spécialité « facile »

La notion de spécialité « facile » n’a de sens qu’au regard d’un profil donné. La difficulté dépend de votre bagage universitaire, de votre aisance avec les formats (cas pratique, consultation), de votre capacité à gérer la procédure associée et de vos contraintes de temps (année blanche, M2, alternance).

Choisir une matière réputée « facile » mais que vous n’aimez pas conduit souvent à une préparation irrégulière et à des copies instables. À l’inverse, une spécialité réputée « difficile » peut devenir très rentable pour un candidat motivé, déjà familiarisé avec ses mécanismes et bien entraîné en conditions réelles.

Comparatif synthétique par spécialité

Droit pénal

Le droit pénal est souvent perçu comme accessible grâce à sa logique concrète et casuistique. Les sujets reposent sur la qualification des faits et l’application de schémas relativement lisibles. La difficulté réelle se concentre sur la procédure pénale : délais, nullités, droits de la défense et actualité CEDH exigent rigueur et rapidité.

Cette spécialité convient aux profils rapides, à l’aise avec les faits et la jurisprudence. Les erreurs fréquentes tiennent à la mauvaise gestion du temps, à l’oubli d’un moyen de nullité ou à des citations imprécises du CPP.

👉 Conseil Objectif Barreau : protocoliser systématiquement qualification → éléments constitutifs → peines → procédure et s’entraîner au CPP en conditions réelles.

Droit social

Le droit social paraît intuitif aux candidats sensibles aux relations de travail et au raisonnement concret. Il reste toutefois exigeant sur l’articulation entre Code du travail, conventions collectives et jurisprudence, notamment lors des transitions exécution/rupture du contrat.

Cette spécialité est adaptée aux profils méthodiques et attentifs aux délais. Les erreurs fréquentes consistent à ignorer une convention collective applicable ou à se tromper sur les délais de contestation.

👉 Conseil Objectif Barreau : check-list qualification du contrat → modification/rupture → indemnités → preuve/recevabilité.

Droit des affaires

Le droit des affaires présente une difficulté moyenne mais un programme vaste : sociétés, sûretés, procédures collectives et contrats. La transversalité avec le droit civil augmente la charge de travail.

Il convient aux privatistes « business », aimant les structures et le raisonnement systémique. Les erreurs fréquentes portent sur des plans non opérationnels ou des confusions entre personnalité morale et associés.

👉 Conseil Objectif Barreau : verrouiller les articles clés du Code de commerce et travailler des cas pratiques longs et chronométrés.

Droit fiscal

Souvent considéré comme l’une des spécialités les plus difficiles, le droit fiscal implique des mécanismes complexes (IR, IS, TVA), du chiffrage, une forte actualité et une procédure contentieuse exigeante. Pour un fiscaliste motivé, il peut toutefois devenir très rentable.

Cette spécialité s’adresse à des profils rigoureux, à l’aise avec la qualification et les calculs. Les erreurs fréquentes tiennent aux confusions entre assiette et exigibilité ou à la méconnaissance des délais de réclamation.

👉 Conseil Objectif Barreau : travailler les “ponts” calcul/qualification et les délais contentieux avec des fiches chrono.

Droit public / administratif

Le droit public est exigeant pour les candidats peu familiarisés avec le contentieux administratif. Il repose sur la recevabilité, l’office du juge et la hiérarchisation des moyens de légalité externe et interne.

Il est idéal pour les publicistes à l’aise avec la jurisprudence du Conseil d’État. Les erreurs fréquentes consistent à omettre un moyen d’ordre public ou à mal hiérarchiser les contrôles.

👉 Conseil Objectif Barreau : matrice recevabilité → compétence → légalité externe → légalité interne → effets.

Droit international et de l’Union européenne

Cette spécialité est jugée technique si elle est éloignée du cursus initial. Elle suppose la maîtrise de nombreuses sources et des méthodes propres à la CJUE et à la CEDH.

Elle convient aux profils appréciant la hiérarchie des normes et l’actualité internationale. Les erreurs fréquentes portent sur l’invocabilité des directives ou l’effet direct.

👉 Conseil Objectif Barreau : cartes mentales sur l’invocabilité, l’effet direct et les mécanismes de renvoi.

Procédures : ce qui change vraiment

Procédure pénale

Exige vitesse, maîtrise des nullités et gestion des délais.

Procédure civile

Repose sur la structure, la recevabilité, les moyens et les voies de recours.

Procédure administrative contentieuse

Centrée sur la recevabilité, le contrôle de légalité et l’office du juge.

Beaucoup de candidats sous-estiment cette épreuve alors qu’elle pèse autant que la spécialité. Un mauvais choix de procédure peut neutraliser les points gagnés en fond.

Méthode en 5 étapes pour décider sans regret

  1. Faire un bilan honnête de vos notes et de votre parcours (L3 à M2).
  2. Établir une liste courte de deux ou trois options.
  3. Réaliser une annale par option en conditions réelles.
  4. Corriger à froid et comparer compréhension, plaisir et fatigue.
  5. Prendre une décision ferme.

Scorecard d’auto-diagnostic (outil de décision)

Pour objectiver votre choix, vous pouvez utiliser la grille suivante, en attribuant 0, 1 ou 2 points à chaque item :

  • Avez-vous obtenu au moins 13/20 à deux examens récents dans cette matière ?
  • Avez-vous suivi un cours structuré il y a moins de 18 mois ?
  • Lisez-vous l’actualité de la matière sans surcharge cognitive excessive ?
  • Comprenez-vous la procédure associée à au moins 60 % ?
  • Êtes-vous à l’aise avec le format de l’épreuve (cas pratique / consultation) ?
  • Tenez-vous les 3 heures sans dépasser lors d’une annale ?
  • Votre usage du code est-il fluide (repérage < 30 secondes par article clé) ?
  • Disposez-vous de ressources fiables (annales, corrigés, supports) ?
  • Pouvez-vous garantir le temps hebdomadaire requis (≥ 8 h en M2/alternance ; ≥ 12 h en année blanche) ?
  • Votre motivation reste-t-elle stable au-delà de 90 minutes de travail ?

Interprétation

15–20 points : alignement fort, spécialité pertinente.

11–14 points : option envisageable, mais vigilance (souvent sur la procédure).

≤ 10 points : option à reconsidérer sérieusement.

Conclusion

Il n’existe pas de spécialité « facile » au CRFPA, seulement une spécialité adaptée à votre profil, votre méthode et votre disponibilité. L’entraînement, la procédure et l’usage rigoureux des codes pèsent davantage que la réputation d’une matière. Choisir rationnellement, puis s’entraîner en conditions réelles, transforme la difficulté perçue en avantage compétitif.


FAQ : Spécialité CRFPA : facile ou difficile ?

Aucune spécialité n’est facile en soi. En 2025, le pénal et le social paraissent plus intuitifs à de nombreux privatistes, mais ce sont surtout l’entraînement régulier et la maîtrise de la procédure associée qui font la différence.

Le droit fiscal, le droit international/UE et, selon les profils, le droit des affaires sont souvent perçus comme plus difficiles en raison de la densité normative et de l’actualité. Pour un candidat déjà formé et motivé, cette difficulté peut devenir un avantage compétitif.

La priorité doit être l’admissibilité. Le choix de la spécialité n’enferme pas votre carrière. Il est plus rationnel de choisir la matière dans laquelle vous serez constant, méthodique et performant.

C’est possible, mais coûteux. Il est indispensable de faire au moins une annale test, d’évaluer votre compréhension et votre plaisir, puis d’engager une remise à niveau strictement cadrée.

Non. Les styles de sujets, les barèmes et les pratiques de correction varient. Il est indispensable de travailler à partir des annales et des consignes de votre IEJ.

Aucune en soi. La procédure pénale exige vitesse et maîtrise des nullités, la procédure civile repose sur la structure et les moyens, la procédure administrative sur la recevabilité et le contrôle. Choisissez la logique qui vous est la plus naturelle.

En principe, des codes non annotés mais indexés et à jour. Vérifiez impérativement les consignes de votre IEJ et entraînez-vous toute l’année avec les mêmes éditions.

Oui, selon les IEJ et les années, mais ils ne doivent jamais guider seuls votre choix. Fiez-vous à vos acquis, votre appétence et la procédure associée.

Testez une annale de chaque. Le pénal exige des réflexes procéduraux et de la vitesse ; le social demande une articulation fine entre textes, jurisprudence et conventions collectives.

C’est exigeant si le temps est limité. En revanche, pour un profil fiscaliste motivé, avec entraînement régulier et fiches chrono sur les délais, la spécialité peut devenir très rentable.

Oui, mais tôt, idéalement avant avril, après une ou deux annales test. Plus la décision est tardive, plus le coût d’opportunité augmente.

Indirectement. Elle nourrit vos exemples et votre aisance thématique, mais la réussite au Grand Oral repose avant tout sur la méthode et l’argumentation.

Oui. Les sujets s’allongent et intègrent de plus en plus l’actualité (CJUE, CEDH, Cour de cassation, Conseil d’État). Une veille hebdomadaire par spécialité est indispensable.