Comment se préparer au Grand Oral, épreuve décisive du CRFPA ?
Le Grand Oral est une épreuve technique qui exige des candidats agilité et méthode : il faut savoir lier les thématiques, comprendre les tenants et les aboutissants des sujets. Il est donc nécessaire de se préparer suffisamment en amont, avec régularité : soyez curieux, documentez-vous sur les sujets d’actualité, consacrez chaque semaine au moins 30 minutes à la préparation du Grand Oral.
Les candidats admissibles passent cette épreuve à fort coefficient (4, contre 3 pour la note de synthèse et 2 pour les autres matières d’admissibilité) courant novembre. Elle se déroule en deux étapes : une heure de préparation suivie de 45 minutes d’Oral (15 minutes d’exposé et 30 minutes d’échange avec le jury).
Le candidat est interrogé par un jury ; dans la pratique, il est fréquemment composé de plusieurs professionnels du droit (souvent avocat / magistrat / enseignant), selon le centre d’examen. Le candidat peut également faire face à des tiers — souvent des étudiants — venus assister à cette épreuve publique. Nous vous conseillons d’assister à certains de ces oraux dans votre IEJ lorsque c’est possible.
Chaque membre du jury joue un rôle différent :
Le programme porte globalement sur l’origine et les sources du droit et sur les libertés et droits fondamentaux. Tous les sujets touchant de près ou de loin au droit peuvent cependant être évoqués.
Souvent très déstabilisants, ils ressemblent à des sujets de culture générale. Est alors appréciée votre capacité à relier les évènements d’actualité au droit et à vos connaissances personnelles. Il faut dans un premier temps coucher toutes ses idées sur le brouillon sans se censurer afin de trouver les ligaments de votre exposé. Vous pourrez ainsi aborder la problématique avec un angle original.
Attention à ne pas vous focaliser sur ce que pense le jury, il est possible qu’ils n’aient eu aucune idée précise en vous confiant ce thème : à vous de vous l’approprier !
Exemples :
A - Le Rouge : peut se rapporter au sang, au Code civil, à la couleur de la Justice…
B - La Plage : peut faire référence au burkini et à la laïcité, à tous les thèmes qui s’y rattachent.
« Que pensez-vous de l’affirmation : tout s’achète quand on y met le prix ? »
Il faut mettre en lumière les (deux) libertés fondamentales en opposition afin d’élaborer une problématique. Cet exercice nécessaire constitue le fond de votre exposé. Ainsi, sont confrontées la liberté du commerce et la protection de la dignité humaine. Cette affirmation se révèle alors discutable, puisque la liberté du commerce et de l’industrie trouve sa limite dans les droits de l’Homme et les acquis sociaux, comme l’âge minimum ou le salaire minimum au travail.
La 2nde partie de l’épreuve n’a pas de programme délimité. Ainsi ce ne sont pas tant vos connaissances qui sont évaluées, que votre raisonnement et votre capacité à le rendre visible. Il est donc déconseillé de répondre par un simple OUI / NON / JE NE SAIS PAS. Dans le cas d’une réponse affirmative, par exemple, il faut argumenter et ainsi prouver ses capacités. Il est alors bon de se laisser un temps de réflexion sans se laisser piéger par la cadence des questions.
Exemples :
Combien y a-t-il de personnes en prison aujourd’hui en France ?
N’ayez pas peur de raisonner à voix haute. On pourrait procéder en partant du nombre de Français pour se demander à quel pourcentage de Français cela correspond-il. Ce type de question soulève un problème de fond : celui de la surpopulation en milieu carcéral et du mauvais traitement des détenus régulièrement pointé du doigt par la CEDH.
Qui a rédigé le Code civil ?
Il s’agit d’une question de culture générale. Cependant, si l'on n’a pas la réponse, il faut essayer de mobiliser au mieux ses connaissances. Ainsi, citer Napoléon qui en est à l’initiative constitue déjà un élément de réponse !
Quel ministre pratiquait les duels sous Mitterrand ?
Ici, si la réponse n’est pas connue, on peut de même parler de l’abandon de la pratique des duels, dont le fondement reposait sur les réparations pour l’honneur. Aujourd’hui, la forme de ces réparations ayant été remplacées, les duels perdent de leur sens. Cette explication de leur déchéance n’est qu’une parmi d’autres. Il faut davantage se concentrer sur votre capacité argumentative et votre logique afin d’ouvrir le débat.
Pourquoi voulez-vous être avocat ?
Un récit personnel est attendu ! Pas de phrases bateaux : le jury cherche une réponse personnalisée, profonde et riche. On puise dans les fondements de votre motivation : quels évènements, rencontres vous ont menés à cet oral ?
Pouvez-vous improviser une courte plaidoirie pour la maire de Paris ?
Le piège serait ici d’exprimer son opinion. C’est cependant le rôle de l’avocat de se dédoubler sans forcément exposer la teneur de ses convictions.
En Angleterre, on devient magistrat au bout de 20 ans : en quoi notre système est plus ou moins efficace ?
Ici au contraire, manifestez votre jugement. Avantages et inconvénients sont à comparer. Une organisation des idées structurée sera valorisée.
Parlez-moi d’Aristote, Socrate, Platon.
Si vous n’arrivez pas à mobiliser vos connaissances, mobilisez vos idées. Essayez de rappeler l’essentiel (philosophes de la Grèce antique), tentez ensuite de vous dérober sur le rapport entre la philosophie et le droit.
Vous êtes un enfant pris dans un divorce extrêmement contentieux entre vos parents, que ressentez-vous ?
Cette question jauge de votre humanité. Êtes-vous capable de vous mettre à la place de votre client ? Vous représentez ici une personne fictive : ne parlez donc pas de votre vécu. Cette question importe, puisque beaucoup d’arguments sont souvent gagnés en extrajuridique !
Sur ce type de question, le nom ne suffit pas : approfondissez vos connaissances sur le fonctionnement de l’institution. N’hésitez pas à les mettre en lien avec l’actualité.
Les sujets ci-dessous sont issus d’une compilation publique tenue à jour pendant la période des oraux 2025. La colonne “Date” correspond à la date de mise à jour de la compilation (mention “MAJ” sur la source), et non forcément à la date exacte de passage dans chaque centre. Source : 1anpourleCRFPA – Sujets et Questions Subsidiaires #GrandOral2025.
| Sujet | Centre (IEJ) | Date (MAJ source) |
|---|---|---|
| Commentaire de l’alinéa 3 du Préambule de 1946 | Rennes | 28/11/2025 |
| Cour de cassation, 21 janvier 2025 (harcèlement moral institutionnel) | Aix-en-Provence | 26/11/2025 |
| La nature peut-elle avoir des droits ? | Besançon | 26/11/2025 |
| Les juges font-ils la loi ? | Rennes | 26/11/2025 |
| Existe-t-il un droit à un environnement sain ? | Rouen | 26/11/2025 |
| CEDH, 26 juin 2025, “Seydi et autres c/ France” (contrôle d’identité au faciès) | Aix-en-Provence | 24/11/2025 |
| Selon l’article 2 CEDH, l’armée peut-elle tuer des manifestants ? | Rouen | 24/11/2025 |
| Quels recours pour un détenu contre ses conditions de détention ? | Rouen | 24/11/2025 |
| Conseil d’État – 29 novembre 2024 n°499162 | Aix-en-Provence | 21/11/2025 |
| Le mensonge et le droit | Besançon | 21/11/2025 |
| Soutenez que la transparence des élus est un diktat | Bordeaux | 21/11/2025 |
| Faut-il limiter l’accès au juge ? | Bordeaux | 21/11/2025 |
| L’état de droit et la lutte contre le terrorisme | Rennes | 21/11/2025 |
| La justice est-elle indépendante ? | Rouen | 19/11/2025 |
| Un juge peut-il être poursuivi pour une faute commise dans ses fonctions ? | Rouen | 19/11/2025 |
| La sécurité, première des libertés ? | Bordeaux | 18/11/2025 |
| Liberté d’expression et discours de haine | Bordeaux | 18/11/2025 |
| Article L. 4121 Code de la défense : incompatibilité militaire et syndicat | Angers | 16/11/2025 |
| Faut-il créer un statut de “réfugié climatique” ? | Bordeaux | 16/11/2025 |
| La lutte contre les discriminations raciales à l’embauche | Bordeaux | 16/11/2025 |
| Qui du juge judiciaire ou du juge administratif est le plus protecteur des libertés ? | Bordeaux | 16/11/2025 |
| L’État de droit : une valeur démodée ? | Bordeaux | 16/11/2025 |
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Thèmes d’entraînement (neutres) conçus pour travailler la méthode “libertés / droits fondamentaux” à partir de l’actualité, sans être présentés comme “tombés”.